mardi 2 février 2010

Se laver les cheveux avec un shampooing solide

"Lys" avait retenu qu'il fallait utiliser une lotion après le shampooing...
Les personnes ayant des cheveux, il faut trouver un produit qui convient à deux corps bien différents, le cuir chevelu et les cheveux...
Eh bien ce n'est pas possible.
Nous allons donc nous occuper de bien nettoyer l'ensemble avec un vrai savon qui s'appellera shampooing pour l'occasion. Après le shampooing, la peau va rétablir rapidement son pH. Elle le fait très bien en quelques minutes, le cuir chevelu n'ayant pas été agressé grâce à la glycérine et au surgras.
Par contre, nos cheveux sont morts, inaptes à rétablir leur pH.
La solution est simple : de l'eau vinaigrée, comme les grands-mères. On peut acheter sa lotion chez Codina, mais on peut aussi se la fabriquer : une cuillère à soupe de bon vinaigre de cidre dans une bouteille de Volvic...
Certaines personnes ont un type de cheveux qui a tendance à ouvrir les écailles quand ils sont bien lavés, d'où des cheveux bien emmélés. Laissez les démélants de coté, car ils contiennent des PEG pas toujouts très fréquentables, mais on verra cela plus tard...

lundi 1 février 2010

"Eglantier" veut en savoir plus sur le "malaxeur-boudineur"

Le mot est plus joli que le métier. Non pas que le métier ne soit pas intéressant, mais c'est le produit fini qui n'est pas mis en valeur par ce procédé.
Avec l'abandon de la saponification à froid, les savonniers se sont spécialisés sur la dernière phase de l'opération de fabrication de savon : la reconstitution de savon à partir de copaux préparés industriellement.
La machine est comme une grosse bétonnière qui malaxe les copeaux qui s'appellent des bondillons. Ensuite, elle les propulse à travers une filière, comme une boîte aux lettres.
Le savon sort en bande longue, comme une boudin, qu'un fil métallique coupe à intervalles réguliers.
Au préalable, le savonnier à incorporé un parfum et une couleur pour obtenir un savon agréable à la vue et à l'odeur.
Le problème de ces savonniers, petits et grands, est d'utiliser des copeaux fabriqués industriellement à l'étranger et ne comportant pas de glycérine.
Le résultat n'est n'est donc pas très bon pour la peau.
Le savon que tu vas faire à la savonnerie Codina sera saponifié sur place et aura toute sa glycérine.
Nous n'aurons pas besoin de malaxeuse, ni de boudineuse, mais d'un moule pour faire sécher notre précieuse fabrication

Question de "Rose" : l'utilité du moule pour faire le savon

"Rose" se demande pourquoi on utilise un moule pour faire le savon.
La technique du savon à froid est différente de la technique du savon de Marseille.
Celui-ci est préparé dans une très grande cuve d'environ 20.000 litres. Sur des gravures du XVIIIème siècle, on voit la personne chargée de remuer la pâte, sur le bord de la cuve, attachée avec un harnais. La chûte étant à éviter...
Cette pâte repose pendant une semaine, car le savonnier a pu ralentir la saponification avec de l'eau. La glycérine se mêle à l'eau puis l'eau glycérinée se sépare du savon.
Raison pour laquelle, cette bonne glycérine est absente des savons fabriqués avec cette technique.
Au contraire dans la saponification à froid, la prise est si rapide qu'en quelques minutes la pâte devient un bloc indéformable.
Il faut donc au bon moment, quand la pâte passe d'un stade de crême anglaise à celui de béchamel, vite la couler dans un moule.
Vingt quatre heurs après on peut la demouler et 30 jours après la couper avec un fil métallique pour obtenir le savon prêt à l'emploi...

Rôle de la glycérine dans le savon pour "Ortie"

Nous avons vu avec "Mûrier" que le savon était un terme imprécis. Il désignait une partie de la formule "soude+huile"="savon+glycérine", mais aussi l'ensemble "savon+glycérine".
Tous les bons savons (saponifiés à froid) ont leur propre glycérine.
Le savon étant un détergent qui nettoie la peau, la nature et la tradition l'ont marié avec son inséparable glycérine qui empêche l'agression de la peau.
Plus d'excuses... avec un bon savon, utilisation sans limite

mardi 15 décembre 2009

Le savon à froid de Codina

A une énième question sur le pH du savon et plutôt que de revenir sur les données scientifiques pH et savons, j'ai retrouvé l'edito d'une lettre datant de quelques années... sur le savon Codina :
... lors des stages de savons, la question du pH du savon et de la peau est souvent abordée.
Les fabriquants de nouveaux produits (toujours issus de découvertes fantastiques, ... jusqu'au suivant de l'année prochaine) ont assis un raisonnement cartésien sur un faux problème et au lieu de nous laver la peau essayent de nous laver le cerveau. C'est vrai que la persuasion des visiteurs médicaux et autres campagnes publicitaires ont enfoncer le clou et on entend nombre de médecins et de dermato insister pour nous faire acheter un savon doux avec un pH adequat..
Le résultats sont là : toujours plus de savons sans savon, de nouveaux tensio-actifs chimiques capables de dissoudre les graisses avec le bon ph, ...mais une nouvelle agressivité qui reste à découvrir (par le consommateur bien sûr..)
La vérité est plus simple. La peau est parfaitement capable de rétablir son film lipidique, c'est une de ses fonctions.

Ce qui agresse la peau c'est la mauvaise qualité du savon depuis 50 ans et non pas son pH !!!

En achetant les ingrédients toujours moins chers, les fabricants ne trouvent plus sur le marché que des bases déglycérinés (les bondillons). C'est à dire que l'ingrédient qui dans le vrai savon adoucit naturellement le nettoyage de la peau est trop cher et a été subtilisé pour être revendu à part . On voit même sur les étalages des savons enrichis à la glycérine ... comme si on achetait du boeuf à la viande!!

Une cliente ne comprenant pas mon discours me déclara "Ha, moi pour mon bébé, je n'achète mon savon qu'en pharmacie.." je lui ai répondu "vous avez raison, vous dormirez plus tranquille...", mais en moi-même j'ai pensé "quelle tristesse que cette dérive de notre civilisation industrielle, non contente d'avoir délocaliser toutes nos productions (il ne reste qu'une poignée de savonniers qui saponifient en France), en arrive à nous culpabiliser de proposer des produits artisanaux, même quand ils sont de qualité incomparable...

En conclusion et pour les "happy few" qui achètent des boules quiès le soir à 20 H, avant de chercher la meilleure crème ou le meilleur lait, commencez par acheter un vrai savon...

mardi 8 décembre 2009

Le film hydro-lipidique

"Chardon" m'a étonné en me parlant du film hydro-lipidique. Ce n'est pas toujours aisé d'utiliser des mots scientifiques. Et pourtant l'étymologie nous permet de mieux comprendre ce qui se passe sur la peau. Chardon, carde, cardeuse, peut-être que son arrière-grand-mère utilisait cette magnifique petite machine qui servait à carder la laine... La langue française est d'une grand richesse et nous permet de nous évader et surtout de mieux se comprendre.
Mais revenons à notre film hydro-lipidique et imaginons que j'utilise le mot "crasse". Cela ne fait pas rêver, mais surtout, je n'ai pas de piste pour expliquer.
En réalité, si la crasse s'installe ausi facilement sur notre peau, c'est qu'elle se marie parfaitement bien avec cette mince pellicule faite de ... "hydro" c'est l'eau, et "lipide" c'est la graisse.
On reparlera avec "Verveine" de l'émulsion, car ce film réussit l'exploit de marier l'huile et l'eau, alors que votre professeur vous a appris que l'huile et l'eau ne sont pas miscibles... Eh bien, l'émulsion est la situation exceptionnelle où l'huile et l'eau se marient. Le film hydro-lipidique est donc une émulsion qui protège notre peau.
Accessoirement, il emmagasine les saletés et il faut une autre émulsion, notre savon qui avec l'aide de l'eau va dissoudre ce film et permettre de repartir avec une peau propre... jusqu'au prochain lavage... Mr Chardon...

Huile+Soude=Savon+Glycérine

Dans la classe de 3ème du collège Albert Camus de Vierzon, chaque élève a choisi un pseudo.
En testant la compréhension de notre 1er cours, l'élève "Mûrier" s'est souvenu de la formule de base de toute la savonnerie :
HUILE + SOUDE = SAVON + GLYCERINE.
On peut développer cette alchimie.
La saponification à froid est la manière ancestrale de faire du savon. Mais on peut copier les recettes de grand-mère et travailler scientifiquement. Chaque huile est caractérisée par son indice de saponification. C'est-à-dire la quantité de soude nécessaire à transformer toute notre huile en savon et en glycérine. C'est de cette manière que notre chimiste calculera exactement la soude et l'huile nécessaire au savon que nous fabriquerons.
Dans cette formule, on s'aperçoit que la savon désigne en même temps le corps entier "savon+glycérine" et une partie de la formule : le savon sans la glycérine.
Cette omission des savants du 18ème siécle, permet aux industriels d'aujourd'hui de faire de gros profits en nous vendant du savon sans la glycérine et en nous laissant utiliser un produit agressif, car c'est la glycérine qui évite au savon d'agresser la peau.
Le savon que nous ferons ensemble à la savonnerie contiendra toute sa glycérine et plus vous vous laverez plus vous vous hydraterez la peau.
Le savon devenant non-agressif, il faudra trouver d'autres excuses pour ne pas se laver...
Mais nous pouvons faire confiance à l'imagination de "Mûrier"...